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- L'art
de la fugue de J.S. BACH
- Les
danses des suites instrumentales
L'art
de la fugue de J.S. BACH
Dans
: Glenn Gould, Le dernier des puritains
(Écrtits 1, réunis, traduits et présentés
par Bruno Monsaingeon)
Fayard, Paris 1983, p. 124-135
Bach a
toujours écrit des fugues. Aucune autre activité,
aucune autre recherche ne convenaient mieux à son tempérament.
Rien ne permet d'évaluer avec plus de précision
l'évolution de son art. On l'a toujours jugé
sur ses Fugues. Dans les dernières années de
son exis tence, il continuait à en écrire alors
que les préoccupations de l'avantgarde de son temps
étaient orientées vers des intentions plus exclusivement
mélodiques; on se débarrassait de lui comme
d'une relique d'un âge ancien et moins éclairé.
Et quand s'amorça ce grand mouvement de masse en sa
faveur au début du XIXe siècle, ses partisans
étaient des romantiques bien intentionnés qui
voyaient dans les chœurs formidables et glaciaires de
la Passion selon Saint Matthieu ou de la Messe en Si Mineur
des énigmes insolubles et quasi injouables, mais malgré
tout dignes de dévotion à cause de la foi qu'ils
exsu daient avec une ferveur si manifeste. Comme des archéologues
qui auraient excavé le substrat de quelque culture
perdue, ils étaient impressionnés par ce qu'ils
découvraient, mais encore plus satisfaits d'avoir été
à l'origine de la découverte. Pour une oreille
du XIXe siècle, ces chœurs farcis de modulations
ambivalentes ne pouvaient en aucune manière répondre
aux canons de la stratégie tonale classique ou romantique.
Même
aujourd'hui, nous qui croyons saisir les implications de l'œuvre
de Bach et la diversité de son élan créateur,
nous reconnaissons dans la fugue le forum premier où
s'exerçait son activité; Cha que texture exploitée
par lui semble destinée à un traitement fugué.
Le plus innocent petit air de danse ou le thème choral
le plus solennel semblent exiger une réponse, attendre
une volée de contrepoint qui trouve dans la technique
fuguée sa plus complète réalisation.
Chaque combinaison sonore vocale ou instrumentale choisie
par lui semble taillée de manière à pouvoir
être greffée d'une multitude de réponses
et paraît privée de quelque chose tant que ces
réponses n'ont pas été fournies. Même
dans les moments les plus débonnaires, dans les cantates
dont le sujet est le commerce du café, ou dans les
petits airs notés pour Anna Magdalena, on sent que
se cache sous la surface une situation fuguée potentielle.
On ressent chez lui une gêne pres que visible ou audible
lorsqu'il doit réprimer à l'occasion le style
fugué qui lui est habituel pour s'associer à
la recherche simpliste d'un conformisme modulatoire et d'un
contrôle thématique, à laquelle s'adonnait
par priorité sa génération.
La fugue
pourtant n'allait pas subir une éclipse avec la mort
de Bach. Elle continua à représenter un défi
pour la jeune généra tion de compositeurs qui
étaient en train de grandir, sans le savoir encore,
dans son ombre. Mais on la retirait progressivement de la
circulation, car si par hasard on s'en servait encore, c'était
pour obtenir une conclusion à effets à la fin
d'œuvres chorales de grande envergure, à moins
que des mélodistes en herbe ne l'utilisent comme thérapie
pédagogique pour enrichir leurs basses d'Alberti singulièrement
maigrelettes. Elle avait cessé d'être au centre
de la pensée musicale, et une "overdose"
de fugue pouvait coûter sa réputation et son
succès public à un jeune compositeur. A l'âge
de la raison, la fugue était devenue essentiellement
déraisonnable.
La
technique de la fugue peut être venue plus facilement
à Bach qu'à d'autres; c'est néanmoins
une discipline dont on n'acquiert pas la maîtrise du
jour au lendemain. A preuve, les premières tentatives
de Bach dans ce domaine, dont on a le témoignage avec
les fugues contenues dans les Toccatas, qu'il écrivit
vers l'âge de vingt ans. Interminablement répétitives,
rudimentairement séquentielles, ayant désespérément
besoin d'équarrissage, elles succombent fréquemment
aux boursouflures harmoniques contre lesquelles le jeune Bach
eut à lutter. La simple présence d'un sujet
et d'une réponse semblait suffire à satisfaire
ses exigences d'alors qui manquaient d'esprit critique...
En
savoir plus ? Extrait du site www.musicologie.org
Les
danses des suites instrumentales
L'allemande
: Premier mouvement traditionnel de la suite, elle suit le
prélude. Ce n'est pas une danse. Elle comprend deux
parties avec reprise. Elle donnera naissance au premier mouvement
de la sonate classique.
La courante : Elle date du 17° siècle
et doit être "noble et retenue". D'Alembert
dit "c'est une sarabande fort lente". Elle comprend
deux parties avec reprises.
La courante française est en 3/2 ou 6/4
La courante italienne est plus rapide, en 3/8 en croches égales
La sarabande : Elle est née en Espagne
vers le milieu du 16° siècle (Le danseur Zarabanda
l'aurait créée en lui donnant son nom). Elle
est à 3 temps avec un appui sur le 2° temps. Elle
entre à la Cour de France en 1588. Elle préfigure
le mouvement lent de la sonate. Elle est "d'allure noble
et compassée" mais était jugée "impudique"
sur le plan chorégraphique et fut interdite (sans jamais
cesser d'exister d'ailleurs...) par Phillipe II.
La gavotte : Elle date de la fin du 16°
siècle à Gap (les "Gavots"). Son rythme
est en 2/2
Le passe-pied : Elle est jouée à
Paris pour la première fois en 1587. A l'origine c'est
une danse de marins bretons. Son mouvement est plus vif que
le menuet. Son rythme est en 3/4 ou 3/8
Le menuet : D'origine Poitevine (le bransle
de Poitou), il est très en faveur chez Louis XIV, sa
vitesse d'exécution deviendra modérée
au 17° siècle et encore plus au 18° siècle.
Il se joue à 3 temps. Parfois, il a un accent sur le
premier temps toutes les deux mesures.
La gigue : La plupart du temps elle constitue
le dernier mouvement d'une suite. D'origine écossaise
(très répandue sous l'époque élizabéthaine)
avant de passer en France. Elle est composée en imitation,
de forme fuguée chez Bach, en triolets ou valeurs pointées.
Elle est en 3/8, 6/8, 6/4, 12/8 et parfois en 2/2 ou 4/4
Autres
danses que l'on peut trouver dans les suites
La passacaille : La plus ample et la plus
développée des danses. Elle est à 3 temps,
avec un thème obstiné à la basse mais
qui peut passer aux autres voix (contrairement à la
chaconne). On y observe aussi l'aternance refrain/couplets.
Originaire d'Espagne au milieu du 16° siècle, elle
entre à la Cour de France en 1588. Etymologiquement
elle vient de "passar" (passer) et "calle"
(la rue) car les musiciens ambulants jouaient les "passacalle"
dans les rues espagnoles à la fin du 16° siècle.
Pour Mattheson elle est plus lente que la chaconne, pour d'Alembert,
c'est le contraire... Elle deviendra en France danse de cour
lente et noble.
La bourrée : vieille danse populaire
française, peut-être d'origine espagnole, elle
devient danse de Cour dans la seconde moitié du 16°
siècle. Au milieu du 17° siècle cette danse
à 2 temps est insérée dans les suites
(Lully, Rameau, Haendel, Bach...). Elle est en deux parties
avec une reprise, rapide.
Le rigaudon : Originaire de Provence-Languedoc,
Rousseau prétend qu'elle fut inventée par un
maître à danser du nom de Rigaud. Elle apparaît
dans la suite à la fin du 17° siècle. Toujours
très en vogue au 18° siècle on ne la trouve
que très rarement dans la suite (Couperin : 4°
suite du concert Royal, Rameau : pièces de clavecin).
Son rythme est en 2/2 ou 2/4.
Le rondeau : Au 13° siècle il est
chanté et dansé et mène la ronde. Toujours
en vogue au clavecin aux 17° et 18° siècle,
il se caractérise par l'alternance refrain/couplets.
La chaconne : d'origine espagnole (fin 16°)
c'est une danse à 3 temps. On la trouve en Italie chez
Monteverdi ou Frescobaldi, en France dès les années
1615-1630. En 1610, Cervantès décrit 12 laquais
et servants dansant une chaconne sur les paroles d'un muletier
et ses castagnettes. Elle est de rythme assez lent.
La forlane : d'origne vénitienne (Udine),
chez les gondoliers. Au début du 17° siècle
elle est dansée dans les bals publics de la ville.
En France c'est une danse noble (exceptionnelle dans la suite).
La pavane : d'origine italienne elle date
de la Renaissance européenne. C'est une danse de Cour
lente. De "pavone" (faire le paon) ? On la trouve
en France jusqu'au début du 17° siècle ainsi
qu'en Angleterre.
La gaillarde : Souvent associée à
la pavane. C'est une danse saltatoire et ternaire d'origine
italienne au 16° siècle. Elle devient danse de
Cour à la Renaissance et prend parfois le nom de "5
pas". Elle disparaît au cours du 17° siècle.
Le
tambourin : C'est une pièce très à part
dans les suites. On la trouve surtout chez Rameau (exemple
: 2ème suite pour clavecin)
En
savoir plus ? Extraits du site http://musique.baroque.free.fr/index.html
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